SERIE CENT FLEURS / 百花 系列 / 1998 – 2002

Cent Fleurs 百花 ,  2000-2001 , l'huile sur toile ,  60 x 60 cm x 100 

" En effet, si les fleurs ont toujours été en Chine augure de bienfaits, de longévité, de bonheur ou de fertilité, il en a été bien autrement au moment de la Révolution Culturelle. Hou Hanru rappelle qu’au milieu des années cinquante, « devant la nécessité de renforcer l’autorité du parti Communiste, Mao Zedong (…) décida de tendre un piège aux intellectuels afin de mieux les contrôler. Il annonça publiquement une nouvelle politique pour la liberté d’expression représentée par le slogan « Que cent fleurs s’épanouissent et que naissent cent écoles de la pensée combattante ». Cette proposition se révéla une machination politique qui lui permit de connaître les « opposants » et de les exclure de la société. Cet « événement »marque pour toujours une génération de Chinois qui cessent alors de croire à une possibilité de changement ou d’ouverture. 

A la même époque, la culture des fleurs - luxe ostentatoire que seuls les riches peuvent s’offrir - fut interdite en Chine. Nien Cheng, raconte, dans life and death in Shangaî, l’entrée des gardes rouges dans sa maison. Ils écrasent les fleurs et il doit se séparer de son jardinier « parce que le seul fait de planter des fleurs était une faute, un acte contre-révolutionnaire ». Plus tard, dans les années soixante-dix et alors qu’elles ont peu à peu réinvesti maisons et lieux publics, fruits d’une longue tradition qui se refuse à disparaître, elles sont à nouveau interdites dans les bureaux et les usines. 

Les jardins baroques et prodigues de Xiao Fan, qui repoussent sur ses racines coupées, semblent ainsi constituer un acte de protestation, de méditation silencieuse, mais aussi une affirmation de jouissance, de liberté et d’espoir. "

Pascale Le Thorel, Xiao Fan : La culture des fleurs.

Cent Fleurs - hors série,   l'huile sur toile ,  60 x 60 cm chaque

Cent Fleurs - hors série,   l'huile sur toile ,  60 x 60 cm chaque