MAO?

Et si c'était le symbole de mes pires craintes, jamais vaincues, jamais enterrées, les voila resurgies d'une froide stèle anonyme, flottantes, séduisantes, dans les couleurs de l'illusion? Je porte en moi, dans la réalité de mon passé, la terreur de sa violence, d'une doctrine aberrante, de rêves brisés par notre annulation, la mienne, celle de mes parents, celle de mes frères.

Le symbole du mal qui se reproduit sans cesse en une, cent, mille formes, toujours pareilles dans leur soif inapaisable de conquête, hégémonie, contrôle de ma pensée, de mon être unique?

Le symbole du mensonge qui, de soie multi-couleur vêtue, m'a conduit par la main vers les abîmes de l'âme?

Et si, au contraire, c'était cet auquel j'aspire: l'oubli de la douleur et de l'imprévu, en berçant mon esprit dans la lente descente des grands fleuves où miroitent les arcs-en-ciel?

Le symbole de la liberté qui me préserve du temps, du lieu et de l'espace que le destin m'impose?

Le symbole du silence qui, comme dans un souffle suspendu, chouchoute, et donne voix, à moi, l'artiste?

Et si cela était Mao?